De la vie palpitante d'une fille pas palpitante

Je suis moche, mais ça va.

Le beau temps a dû mal à pointer le bout de son nez, mais l’été approche et les complexes reviennent avec. On recommence à scruter le moindre petit défaut, on les traque et on hurle sur la balance. L’hiver, on se cache sous des gros pulls, c’est parfait. Mais l’été dévoile nos défauts, nos complexes. C’est pour ça que, j’ai eu envie d’écrire sur l’image que l’on peut avoir de nous-mêmes, le mal-être que l’on ressent…

On nous répète toujours : « je t’apprécie comme tu es, avec tes défauts et tes qualités ». Mais j’ai toujours pensé que pour se faire aimer par quelqu’un, il faut déjà s’aimer soi-même, s’accepter. Et c’est dur. Du moins pour certains. Parce qu’il y a ceux qui sont beaux de naissance (Flora, Pâquerette et Pimprenelle étaient sûrement là pour leur offrir des dons) et qui n’ont pas de mal à accepter leurs corps et minuscules défauts, il y a ceux qui se soucient peu de leurs physiques et s’aiment tout simplement et il y a nous… Repérant chaque détail défectueux sur notre corps, pleurant à chaudes larmes dessus et se plaignant. Et c’est fatiguant pour nos proches, mais aussi nous-mêmes. Avoir des complexes, ce n’est pas toujours facile à vivre.  Et le plus dur, c’est de passer outre, pas forcément de les gommer mais de les accepter. C’est parfois même impossible.

Quand j’étais petite, j’étais mince avec des tâches de rousseur et j’aimais bien qu’on me prenne en photo. Puis l’adolescence est arrivée, en même temps j’ai eu le droit à ma première paire de lunettes (parce qu’il se trouve que je suis myope comme une taupe), puis l’appareil dentaire et le plus horrible de tout : j’ai pris presque trois tailles supplémentaire en soutien-gorge en seulement un été. Je l’ai mal vécu. J’étais focalisé sur ça, en même temps ce n’était pas vraiment discret. J’ai connu les crises de larmes devant le miroir à cause de mon physique que je trouvais ingrat, parfois avec une coupe de cheveux loupée en plus. J’ai mis longtemps à assumer de porter des lunettes, j’aime en avoir seulement depuis trois ou quatre ans. L’appareil dentaire, je savais que c’était temporaire et à l’époque je trouvais ça rigolo. Mais ma poitrine… Non, ce n’était pas possible. J’avais mal, physiquement et moralement. Les garçons de quatorze ans ne sont pas toujours très subtils. Et à partir de là, j’ai commencé à avoir des complexes sur mon poids et tout le reste. Chaque petites remarques faîtes (« tes genoux sont bizarres ») deviennent une obsession. Devenaient plutôt.

Parce que même si je continue de pleurer sur mes petits bourrelets, mes boutons (l’acné qui arrive après le collège et le lycée, injustice) et j’ai appris à aimer mon visage avec des lunettes, le fait de porter de temps en temps des lentilles ça aide aussi, et j’ai eu la chance d’enlever mon appareil dentaire au début de la seconde. Et ma poitrine, sujet sensible, n’est plus. Et pour cela, je remercie la chirurgie. Oui, j’ai eu recours à une opération. J’en suis plutôt fière, bizarrement. De toute façon, c’était le seul moyen d’en finir avec ce complexe (et c’était pour ma santé aussi). Et pour tout le reste que je n’aime pas, je le cache ou je le montre feignant de n’en avoir rien à faire. Et avoir des complexes n’empêchent pas d’apprécier quelque chose chez soi, il suffit de le mettre en avant pour éclipser le reste. De jolis yeux, un beau sourire, des jolies jambes…

Mais si on se sent si mal, c’est à cause des éloges de beautés qui sont faits dans les magazines, souvent suivi de conseils pour leur « ressembler ». Les magazines veulent aider, mais ils ne le font pas. Quand on les lit, on se rend compte que pour être parfaits, aussi beau qu’Apollon ou Vénus, il faut être riche : utiliser un sérum Chanel, une crème Dior… Pensent-ils que leurs lecteurs sont principalement des habitants du 16ème ? Pourquoi nous donner des conseils à base de produits de luxe ? Je sais bien qu’il y a toujours des alternatives, des produits moins chers mais dans notre tête, ça ne va pas le faire (du moins dans la mienne). Et leurs régimes sont souvent peu efficaces, ils n’aident pas. Maintenant, j’ai tendance à retenir plus des astuces de cheveux et maquillages, que pour me faire un corps de rêve (ça j’abandonne, j’aime trop manger et je suis trop feignante).

Heureusement qu’Hollywood, l’industrie people et les magazines commencent à accepter les rondeurs : Adele, Beth Dito, etc… Et le physique ingrat avec Ugly Betty, c’est rassurant de voir qu’une fille avec un physique si peu avantageux peut devenir jolie (même si America Ferrera est très jolie à la base).

En attendant, je vais aller manger un bon petit plat et je regretterai plus tard en enfilant mon maillot de bain.

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